1. Historique de l’Imagerie par Résonance Magnétique

L’Imagerie par Résonance Magnétique ou IRM est une technique relativement récente. En effet, celle-ci est fondée sur le principe de Résonance Magnétique Nucléaire ou RMN, c'est-à-dire sur le phénomène de couplage entre le moment magnétique du noyau et le champ magnétique externe. Ce phénomène fut découvert en 1938 par un physicien américain, Isidor Isaac Rabi. Dès 1930, Rabi construit une première approche en commençant des recherches sur la nature des forces liant les protons dans le noyau atomique, qui aboutissent  à la création de la méthode de détection faisceaux moléculaires (jet de détente de particules dont le libre parcours moyen est bien supérieur à la plus petite dimension de l'orifice à travers laquelle est réalisée la détente) par résonance magnétique.

            Puis, deux physiciens américains, Félix Bloch et Edward Mills Purcell précisent la notion de fréquence de résonance. Ils reçoivent ensemble le prix Nobel de physique en 1952, pour avoir découvert le principe de Résonance Magnétique Nucléaire.

Très vite, certains scientifiques, physiciens, chercheurs et médecins comprennent que le principe de RMN pourrait être utilisé en imagerie médicale, domaine qui est sans cesse en développement. Pourtant jusque dans les années 1970, on l’utilise principalement pour étudier la structure chimique des substances. Paul Lauterbur, chimiste américain, a eu l'idée de structurer en gradients le champ magnétique pour permettre de déterminer l'origine des ondes radio émises par les noyaux de l'objet étudié. En 1973, Lauterbur réalise pour la première fois un système, permettant de capter l’image d’une coupe virtuelle d’un objet en deux dimensions. Il la baptisera « zeugmatographie » (Ζευγμα, -ατος, en grec signifie ici « tout ce qui sert à lier ou unir »). Un autre chimiste, britannique, Peter Mansfield, est connu pour avoir montré comment les signaux radio de l'IRM peuvent être analysés mathématiquement, rendant possible la conversion de ces signaux en une image exploitable, et également pour avoir  introduit en 1977 la technique d’écho-planaire, permettant la capture de nombreuses images en un temps relativement court. Lauterbur et Mansfield seront récompensés par le Prix Nobel de physiologie ou médecine en 2003.

Dans les années qui suivent, la technique évolue rapidement, notamment grâce aux progrès réalisés en informatique et en électronique. Le premier objet connu du grand public à avoir été étudié par IRM est un poivron.

En 1971, Raymond Damadian rapporte un travail sur les différences entre les réponses à la résonance magnétique entre des tissus sains et cancéreux dans le journal Science. Il pense pouvoir améliorer le diagnostic du cancer. « "The patent included the idea of using NMR to "scan" the human body to locate cancerous tissues". », soit “Le brevet a inclus l'idée d'utiliser le principe de RMN pour "parcourir" le corps humain afin de localiser les tissus cancéreux.” Les premières images de tissus humains seront produites en 1975 par Mansfield, et en 1977 sera réalisée la première image d’un corps vivant par Raymond Damadian.

Cependant, la principale innovation dans le domaine de L’IRM viendra avec la reprise par Seiji Ogawa des travaux sur le magnétisme de l’hémoglobine. En effet, le signal IRM émis par le sang oxygéné diffère du signal du sang désoxygéné. Cette propriété permit donc à ce chercheur japonais de réaliser, en 1992, les premières images du cerveau en fonctionnement : en réponse à des stimulations visuelles, il put mesurer une augmentation du débit sanguin cérébral dans les aires visuelles du lobe occipital.

            Ainsi, après plusieurs années d’évolution, l’IRM est donc devenue une technique puissante du domaine de l’imagerie médicale. Depuis une vingtaine d’années, dès les années 1980-1985 aux Etats-Unis, et 1985-1990 en France, les machines à IRM ont été installées dans de nombreuses cliniques et hôpitaux.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site