3. Interprétation des images d’IRM

            L'IRM permet donc, comme nous l’avons déjà vu, la caractérisation des tissus. Voyons comment elle permet l’analyse et l’interprétation des images IRM. Tout d’abord, ces images sont excessivement difficiles à interpréter car cela dépend du moment et du mode de radio fréquence envoyé. Des images mal réalisées favorisent les interprétations erronées.

 

           La fréquence de précession des protons les fait osciller différemment selon qu’ils sont dans la graisse ou dans l’eau. Leur signal est donc différent. Ainsi, l’image est un ensemble de contrastes. Sur les images IRM, grâce à l’eau contenue dans les tissus, on peut voir les muscles, les cartilages, les organes (genoux, pieds, hanche, pancréas, foie, prostate, reins, de plus en plus l’abdomen…). Nous ne voyons pas les poumons, remplis d’air, ni les os, matière avec peu d’eau.

           L’histoire clinique oriente autant l’interprétation de l’examen que sa méthode de réalisation. En effet, si certaines images sont relativement caractéristiques, des aspects similaires peuvent refléter des affections très différentes. Par exemple, une tumeur cérébrale nécrosée peut avoir le même aspect qu’un abcès, voire un hématome en voie de résorption. Le diagnostique différentiel repose alors sur l'examen clinique

           Le contraste des images dépend de l’intervalle de temps entre deux stimulations par l’onde radio, et du moment auquel on enregistre le signal des protons. On distingue trois types principaux d’images selon leur contraste :

      -    séquences pondérées T1 : le liquide est sombre, la graisse est blanche, la substance grise du tissus nerveux est gris sombre, la substance blanche du tissus nerveux est gris clair.

      -     séquences pondérées en densité de protons : le liquide est encore sombre, la graisse est moins blanche, la substance grise est gris clair, la substance blanche est gris sombre.

      -     séquences pondérées T2 : le liquide est blanc, la graisse est encore moins blanche, la substance grise est gris très clair, la substance blanche est gris très sombre.

Pour les trois types d’images, l’air est noir, l’os compact et les calcifications sont noirs.

 

Signal des principaux tissus en IRM

 

T1

T2

Liquide céphalo-rachidien

Hyposignal

Hypersignal

Air

Asignal

Asignal

Os compact

Asignal

Asignal

Substance grise

 

Signal intermédiaire

(Gris sombre)

Signal intermédiaire

(Gris clair)

Substance blanche

Signal intermédiaire

(Gris clair)

Signal intermédiaire

(Gris sombre)

Graisse

Hypersignal

Hyper si TE court

Hypo si TE long

Vaisseaux  circulants

Asignal

Asignal

 

Signal des principaux phénomènes pathologiques

 

T1

T2

Calcifications (formation de caillots dans les vaisseaux sanguins, mal visibles sauf si volumineuses)

 

Asignal

 

Asignal

Vaisseaux thrombosés (au stade subaigu) ou circulant lentement

Hypersignal

Hypersignal

Tumeurs

Variable

(souvent hypo)

Variable

(souvent hyper)

Œdème, nécrose (la forme principale de mort d'un tissu lors d’accidents traumatiques, suite à certaines maladies)

 

Hyposignal

 

Hypersignal

 

            L’IRM est plus sensible que le scanner pour détecter la plupart des anomalies car elle fournit :

      -     des renseignements morphologiques avec une excellente résolution en contraste et la possibilité de réaliser des coupes dans tous les plans de l’espace.

      -     des renseignements sur la nature des tissus par l’étude de l’évolution du signal sur les différentes séquences.

      -     des renseignements sur les flux circulants : vaisseaux artériels et veineux ; liquide céphalo-rachidien.

Sur cette coupe du bas vers le haut, nous observons une masse plus claire dans l’hémisphère droit, dans la partie postérieure du cerveau. Ici, cette masse est un œdème, généralement constitué liquide

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